Dans les années 30, le rastafarisme était encore peu connu mais le rôle de Marcus Garvey dans l'émancipation des Noirs d'Amérique a été majeur.
L'Universal Negro Improvement Association (UNIA) est une organisation créée en 1914 en Jamaïque par Marcus Garvey et dont la devise était : "Un Dieu ! Un but ! Une destinée !". Ce mouvement s'est considérablement développé aux Etats-Unis après l'émigration de Garvey en 1916. En effet, en 1919, l'UNIA ne comptait pas moins de 30 branches dans différentes villes des Etats-Unis. Garvey affirmait avoir plus de 200000 membres. Il fonda également un organe de presse nommé The Negro World, dans lequel il déclara : "l'Afrique doit être vénérée et nous devons tous sacrifier, notre humanité, notre richesse et notre sang à sa cause sacrée."
En valorisant la "négritude", Garvey a contribué à l'affirmation des noirs dans toute l'Amérique, au même titre que Martin Luther King ou Malcolm X. Les conférences de l'UNIA de 1919 à 1922 connurent des grands succès populaires. Elles débouchèrent sur la création de firmes industrielles tenues exclusivement par des noirs et d'une compagnie de construction navale et de navigation réservées elles aussi aux noirs.
A son retour en Jamaïque en 1927, il fut accueilli en véritable libérateur et tint une conférence de l'UNIA pour la première fois en Jamaïque en 1929.
Son impact fut double : tout d'abord, son importance fit prendre conscience aux rastafaris de l'étendue de la lutte des noirs en Amérique pour s'affirmer et revendiquer des droits et plus de liberté ; ainsi, une autre solution que celle du rapatriement en Ethiopie apparaissait, même si cette idée n'allait vraiment se développer qu'au long des années 1950. La seconde conséquence de cette conférence fut de faire connaître Marcus Garvey à un grand nombre de jamaïcains et donc de contribuer à l'élaboration et à l'intégration de ses idées dans le rastafarisme.
Ses thèses principales se définissent selon deux orientations :
- La première, voir en l'Afrique la patrie de tous les noirs immigrés. Loin d'être un défenseur du rapatriement, Marcus Garvey a cherché à renouer des liens avec l'Afrique et à mettre l'accent sur la richesse de la civilisation africaine.
- La seconde orientation principale des thèses de Marcus Garvey est la religion. Dans ce domaine aussi, il tient à rattacher le plus possible la Bible à l'Afrique, dans le but d'enlever aux blancs le monopole de l'enseignement religieux et pour donner à ses auditeurs le sentiment d'appartenir à un peuple élu et donc au-dessus de la domination des blancs.
Marcus Garvey avait prophétisé le couronnement de Haïlé Sélassié, il devint ainsi le prophète de tous les rastafaris. Des thèses de Garvey sont intégrées à l'idéologie rastafari comme de saints commandements, tels l'affirmation des noirs par la revendication, la vénération de l'Ethiopie.
Le mode de vie rastafari se veut respectueux des principes définis par la Bible. L'apparence extérieure des rastas le prouve. La majorité porte des nattes et une barbe. Dans la Bible, il est dit : Lévitique, 21:5 :"[...]les prêtres ne doivent pas se faire de tonsure, ni se raser la barbe sur les côtés, ni se faire des entailles sur le corps."
Mais si certains rastafaris arborent des nattes (appelées dreadlocks) impressionnantes, il n'est pas rare de voir des rastafaris rasés. En outre, la Bible précise que cette coutume n'est obligatoire qu'en cas de deuil. Une autre justification de ces nattes est la volonté d'imiter les guerriers éthiopiens des siècles passés qui se caractérisaient
par leur coiffure imposante du fait de leurs nattes tressées comme pour symboliser un casque.
La sacralisation de l'Herbe est un point important de l'idéologie rastafari. La Ganja n'est utilisée que dans la pratique religieuse. On en trouve une justification biblique dans La Genèse : 3:18: "you shall eat the herb of the field" , mais aussi dans les Psaumes: 104:14: "C'est toi qui fait pousser l'herbe pour le bétail, et les plantes que les hommes cultivent ". Ou encore les Psaumes, 18:9 : "Une fumée montait de ses narines [...]" Apocalypse, 22:2 : "[...] Ses feuilles [de l'arbre de la vie] servent à la guérison des nations."
La visite de Haïlé Sélassié en 1966 est décisive dans le changement de cap de l'idéologie rastafari. En effet, les principes du rapatriement et du rejet de la Babylone jamaïcaine y restaient ancrés. Bien qu'elles ne fussent plus au premier plan dans les années 1960, des tentatives de rapatriement avaient été tentées jusqu'à la fin des années 1950. La visite de l'empereur d'Ethiopie en avril 1966 se solda par une dernière tentative de rapatriement. Mais ce n'était plus qu'un combat d'arrière-garde.
Haïlé Sélassié dans un discours devant plus 10.000 adeptes proposa aux rastafaris : "la libération avant le rapatriement". Cela signifie que les rastafaris doivent libérer Babylone (le monde de l'oppression) avant de pouvoir espérer un repos mérité en Ethiopie.
L'assimilation de la Jamaïque à Babylone reste présente dans le rastafarisme même dans les années 1960 et 1970, mais sous une autre forme. Ce n'est plus le pays tout entier qui est rejeté comme un lieu étranger; ce qui est dorénavant stigmatisé est la société jamaïcaine, du moins celle des possédants.
De nos jours le rapatriement en Ethiopie n'est plus une priorité, seul le combat pour la liberté prime, le rastafarisme s'est répandu sur la planète entière et touche désormais toute les couches de la population même si il y a aujourd'hui beaucoup plus de sympathisants que de pratiquants.
L'Universal Negro Improvement Association (UNIA) est une organisation créée en 1914 en Jamaïque par Marcus Garvey et dont la devise était : "Un Dieu ! Un but ! Une destinée !". Ce mouvement s'est considérablement développé aux Etats-Unis après l'émigration de Garvey en 1916. En effet, en 1919, l'UNIA ne comptait pas moins de 30 branches dans différentes villes des Etats-Unis. Garvey affirmait avoir plus de 200000 membres. Il fonda également un organe de presse nommé The Negro World, dans lequel il déclara : "l'Afrique doit être vénérée et nous devons tous sacrifier, notre humanité, notre richesse et notre sang à sa cause sacrée."
En valorisant la "négritude", Garvey a contribué à l'affirmation des noirs dans toute l'Amérique, au même titre que Martin Luther King ou Malcolm X. Les conférences de l'UNIA de 1919 à 1922 connurent des grands succès populaires. Elles débouchèrent sur la création de firmes industrielles tenues exclusivement par des noirs et d'une compagnie de construction navale et de navigation réservées elles aussi aux noirs.
A son retour en Jamaïque en 1927, il fut accueilli en véritable libérateur et tint une conférence de l'UNIA pour la première fois en Jamaïque en 1929.
Son impact fut double : tout d'abord, son importance fit prendre conscience aux rastafaris de l'étendue de la lutte des noirs en Amérique pour s'affirmer et revendiquer des droits et plus de liberté ; ainsi, une autre solution que celle du rapatriement en Ethiopie apparaissait, même si cette idée n'allait vraiment se développer qu'au long des années 1950. La seconde conséquence de cette conférence fut de faire connaître Marcus Garvey à un grand nombre de jamaïcains et donc de contribuer à l'élaboration et à l'intégration de ses idées dans le rastafarisme.
Ses thèses principales se définissent selon deux orientations :
- La première, voir en l'Afrique la patrie de tous les noirs immigrés. Loin d'être un défenseur du rapatriement, Marcus Garvey a cherché à renouer des liens avec l'Afrique et à mettre l'accent sur la richesse de la civilisation africaine.
- La seconde orientation principale des thèses de Marcus Garvey est la religion. Dans ce domaine aussi, il tient à rattacher le plus possible la Bible à l'Afrique, dans le but d'enlever aux blancs le monopole de l'enseignement religieux et pour donner à ses auditeurs le sentiment d'appartenir à un peuple élu et donc au-dessus de la domination des blancs.
Marcus Garvey avait prophétisé le couronnement de Haïlé Sélassié, il devint ainsi le prophète de tous les rastafaris. Des thèses de Garvey sont intégrées à l'idéologie rastafari comme de saints commandements, tels l'affirmation des noirs par la revendication, la vénération de l'Ethiopie.
Le mode de vie rastafari se veut respectueux des principes définis par la Bible. L'apparence extérieure des rastas le prouve. La majorité porte des nattes et une barbe. Dans la Bible, il est dit : Lévitique, 21:5 :"[...]les prêtres ne doivent pas se faire de tonsure, ni se raser la barbe sur les côtés, ni se faire des entailles sur le corps."
Mais si certains rastafaris arborent des nattes (appelées dreadlocks) impressionnantes, il n'est pas rare de voir des rastafaris rasés. En outre, la Bible précise que cette coutume n'est obligatoire qu'en cas de deuil. Une autre justification de ces nattes est la volonté d'imiter les guerriers éthiopiens des siècles passés qui se caractérisaient
par leur coiffure imposante du fait de leurs nattes tressées comme pour symboliser un casque.
La sacralisation de l'Herbe est un point important de l'idéologie rastafari. La Ganja n'est utilisée que dans la pratique religieuse. On en trouve une justification biblique dans La Genèse : 3:18: "you shall eat the herb of the field" , mais aussi dans les Psaumes: 104:14: "C'est toi qui fait pousser l'herbe pour le bétail, et les plantes que les hommes cultivent ". Ou encore les Psaumes, 18:9 : "Une fumée montait de ses narines [...]" Apocalypse, 22:2 : "[...] Ses feuilles [de l'arbre de la vie] servent à la guérison des nations."
La visite de Haïlé Sélassié en 1966 est décisive dans le changement de cap de l'idéologie rastafari. En effet, les principes du rapatriement et du rejet de la Babylone jamaïcaine y restaient ancrés. Bien qu'elles ne fussent plus au premier plan dans les années 1960, des tentatives de rapatriement avaient été tentées jusqu'à la fin des années 1950. La visite de l'empereur d'Ethiopie en avril 1966 se solda par une dernière tentative de rapatriement. Mais ce n'était plus qu'un combat d'arrière-garde.
Haïlé Sélassié dans un discours devant plus 10.000 adeptes proposa aux rastafaris : "la libération avant le rapatriement". Cela signifie que les rastafaris doivent libérer Babylone (le monde de l'oppression) avant de pouvoir espérer un repos mérité en Ethiopie.
L'assimilation de la Jamaïque à Babylone reste présente dans le rastafarisme même dans les années 1960 et 1970, mais sous une autre forme. Ce n'est plus le pays tout entier qui est rejeté comme un lieu étranger; ce qui est dorénavant stigmatisé est la société jamaïcaine, du moins celle des possédants.
De nos jours le rapatriement en Ethiopie n'est plus une priorité, seul le combat pour la liberté prime, le rastafarisme s'est répandu sur la planète entière et touche désormais toute les couches de la population même si il y a aujourd'hui beaucoup plus de sympathisants que de pratiquants.


